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Dans le cadre du 3e plan cancer et suite à l’expertise de l’INCa sur les soins de support, une instruction vient d’être publiée afin de présenter les évolutions nécessaires de l’offre en Soins Oncologiques de Support (SOS).

Le contexte

Sous l’impulsion des plans cancer successifs, le développement des SOS s’est accéléré depuis une dizaine d’années et ils font désormais pleinement partie du parcours de soins en cancérologie. L’amélioration de la prise en charge des patients et des innovations thérapeutiques qui allongent la durée de vie des patients accentuera encore leur importance dans les années à venir.

Néanmoins, plusieurs études et rapports institutionnels notent des difficultés persistantes dans :

  • l’organisation et l’accessibilité de ces soins : les disparités de la répartition de l’offre et le non-remboursement de certaines prestations peuvent compliquer ou retarder l’accès aux soins ;
  • la qualité des soins et leur adaptation aux particularités de la pathologie cancéreuse ;
  • l’intégration de nouvelles démarches comme la prévention tertiaire (moyens mis en œuvre pour éviter les complications et les rechutes), l’activité physique adaptée ou la préservation de la fertilité.

A la demande de la DGOS, l’INCa a élaboré un rapport sur les SOS. Selon celui-ci, en complément des quatre prestations d’ores et déjà intégrées au panier de soins de support (douleur, soutien psychologique, accès aux services sociaux et démarche palliative), cinq autres soins doivent être pris en compte (l’activité physique adaptée, les conseils d’hygiène de vie, le soutien psychologique des proches et des aidants, la préservation de la fertilité et la prise en charge des troubles de la sexualité) ainsi que deux techniques particulières d’analgésie (l’hypnoalgésie et l’anakgésie intrathécale). Ce rapport met également en lumière plusieurs points critiques des parcours en SOS devant mobiliser l’attention des acteurs : l’importance de l’évaluation des besoins tout au long du parcours, l’information des patients sur les possibilités d’accompagnement et de soins, l’enjeu de leur orientation adaptée, l’importance de la bonne coordination des professionnels pour la continuité des prises en charge entre l’hôpital et le domicile.

Les orientations stratégiques nationales

  • Organiser la lisibilité de l’offre. Le travail de recensement des SOS pourra être intégré dans les Répertoires Opérationnels de Ressources (ROR) ou donner lieu à la création d’annuaires dédiés. Ce recueil de données et leur actualisation pourra s’appuyer sur les réseaux régionaux de cancérologie ou d’autres partenaires (comme Sport santé en ce qui concerne les offres d’activité physique adaptée). L’offre devra être rendue lisible au niveau régional pour les professionnels de santé, hospitaliers et libéraux, ainsi que pour les patients.
  • Adapter le maillage territorial. Un travail de réorganisation de l’offre au niveau régional est à conduire afin de pouvoir répondre aux nouveaux besoins identifiés dans le rapport de l’INCa dans un contexte de moyens contraints : limitation des redondances, clarification pour l’accès à des soins complexes ou proposés par des établissements hors du champ de la cancérologie (comme les prises en charge psychique proposées par des établissements spécialisés en santé mentale) et mutualisation des moyens (en s’appuyant notamment sur les GHT).
  • Organiser la gradation des soins.
  • Solliciter et accompagner la montée en charge des acteurs de ville pour une prise en charge plus en proximité du domicile.

La méthodologie de travail proposée au niveau régional

Conduite d’un diagnostic régional

Pour décliner les évolutions proposées au niveau régional, il est indispensable d’identifier les forces et faiblesses de l’offre, l’écart à la cible et les leviers à mobiliser. Cette réflexion devra intégrer les PRS 2e génération en cours d’élaboration. Le diagnostic devra également recenser les structures non spécialisées en cancérologie contribuant aux SOS ainsi que l’offre de ville.

Traduction des évolutions régionales

Les leviers des ARS pour traduire les évolutions nécessaires sur les plans financier et juridique sont : la réallocation des Fonds d’Intervention Régional (FIR) entre les structures de santé au regard des évolutions souhaitées ; les contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens des établissements de santé ; les contrats territoriaux de santé avec les communautés professionnelles de santé développant des objectifs dans les champs des SOS.

Pour se faire, les ARS pourront s’appuyer sur les dispositifs de coordination existants :

  • les plateformes territoriales d’appui pour aider à la coordination des parcours complexes en soins de support ;
  • les réseaux régionaux de cancérologie pour développer à l’attention des professionnels libéraux des actions de formation et d’information indispensables pour garantir la qualité des prestations et leur adaptation aux besoins spécifiques de la cancérologie.
Instruction n° DGOS/R3/INCa/2017/62 du 23 février 2017 relative à l’amélioration de l’accès aux soins de support des patients atteints de cancer :

Rapport d’expertise de l’INCa “Axes opportuns d’évolution du panier de soins oncologiques de support” (octobre 2016) :

 


Source : Legifrance

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