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Il y a quelques jours, nous vous parlions de l’analyse génomique personnalisée permettant de prédire la probabilité des bénéfices potentiels d’une chimiothérapie et de quantifier le risque de récidive du cancer du sein chez les femmes récemment diagnostiquées. Les 25 000 gènes du génome humain sont étudiés de façon à sélectionner ceux qui caractérisent le pronostic de ces tumeurs. On a ainsi mis en évidence des groupes de gène qui sont indicateurs de tumeurs de bon ou de mauvais pronostic ainsi que du risque de récidive. On parle de signature de gènes.

Le Test Oncotype DX, créé par la société Genomic Health, permet d’éviter la chimiothérapie lorsqu’elle n’est pas nécessaire pour traiter un cancer du sein et de choisir un traitement plus adapté (traitement hormonal, séances de radiothérapie). Associés aux critères anatomo-cliniques, ce test a une valeur prédictive et permet de proposer un traitement efficace aux patientes.

Contrairement à nos pays voisins, l’utilisation du test diagnostique Oncotype DX n’est pas systématisée en France mais quelques territoires l’expérimentent déjà. Parmi eux, le 3C Sud Île-de-France a participé à une enquête d’utilisation du test en pratique clinique courante. Cette enquête, fruit d’un partenariat entre Genomic Health France et ce 3C inter-établissements, a permis l’accès gratuit au test à tous les établissements membres du 3C ainsi qu’à leurs patientes. L’objectif était de déterminer l’impact de l’accès gratuit au test Oncotype et des résultats sur les décisions de traitements (démarche d’évaluation des pratiques assimilée à de la recherche et de l’accès à l’innovation – Mesure 21 Plan Cancer II).

L’enquête a duré un peu plus d’un an (de mars 2016 à mai 2017). 70 patients pris en charge dans 9 établissements de santé (sur les 20 que comptent le 3C) ont été inclus. Les résultats ont été soumis à l’occasion du congrès ESMO 2017 par Céline Bernier, coordinatrice du 3C Sud Île-de-France, et par le docteur Jean-Baptiste Méric, directeur médical du CH de Bligny et responsable du comité médical du 3C. L’impact de l’accès du test a été spectaculaire puisque son utilisation a conduit à une réduction nette de 44% des chimiothérapies. Outre les économies réalisées liées notamment au traitement onéreux et à l’hospitalisation, le test permet surtout aux patientes d’éviter le lourd traumatisme de la chimio, ses complications et ses effets secondaires connus. Cette étude menée par le 3C Sud Île-de-France a contribué à la légitimité du remboursement du test et a permis de donner l’accès au test plus précocement à leurs patientes.

Reste maintenant aux autorités de santé de se prononcer sur le remboursement du test par les organismes de sécurité sociale comme c’est déjà le cas au Royaume-Uni, en Suisse, en Grèce, en Allemagne ou en Ukraine.


Pour en savoir plus : 

La présentation à l’ESMO 2017 :

(pdf – 6,2 Mo)
La plaquette d’information à destination des patientes :

(pdf – 1Mo)
Pour les professionnels de santé :
à propos du test
Pour les professionnels de santé :
pour les pathologistes
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