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L’Institut national du cancer publie son rapport annuel 2017 et présente l’ensemble des actions menées en faveur de la lutte contre le cancer et les avancées dans le domaine de la cancérologie. Dans un contexte d’évolutions profondes et rapides, qui imposent une expertise de plus en plus pointue, l’Institut poursuit avec détermination sa mission de lutte contre les cancers au service de l’ensemble des publics. 

Intitulé « Savoir c’est pouvoir agir », il marque l’engagement résolu de l’Institut dans la prévention, enjeu déterminant pour la santé de l’ensemble des concitoyens. En effet, 40 % des cancers pourraient être évités en changeant nos habitudes.

L’Institut national du cancer, dans son rapport d’activité 2017, détaille les points clés de son action dans l’ensemble des dimensions de la cancérologie : la prévention, le dépistage, l’épidémiologie, la qualité et sécurité des soins et des traitements, la continuité et la qualité de vie, l’innovation thérapeutique et la médecine de précision, le soutien et la structuration de la recherche, l’information des publics, les partenariats et les actions internationales, la structuration et le pilotage. Dans le dernier chapitre, l’Institut présente les perspectives et ses priorités pour l’année 2018. Parmi les actions réalisées en 2017, citons notamment :

LA PRÉVENTION ET LE DÉPISTAGE AU BÉNÉFICE DE LA POPULATION GÉNÉRALE

Le tabac est le premier facteur de risque de cancers. Chaque année 45 000 décès par cancers sont attribuables à sa consommation. En 2017, la lutte contre ce facteur de risque s’est accentuée avec notamment l’augmentation amorcée du prix du paquet pour atteindre 10 euros en 2020 ; une hausse des prix dont l’impact sur la réduction globale de la consommation est reconnue par l’OMS.

La création du Fonds de lutte contre le tabac, instituée par décret le 1er janvier 2017, permet également d’intensifier les actions en faveur de la réduction de sa consommation et de contribuer au financement d’actions locales, nationales et internationales.

Par ailleurs, l’Institut a poursuivi sa mission d’information vers ses publics avec la création de trois vidéos pédagogiques détaillants les méfaits du tabac et les risques encourus en particulier par les jeunes et les femmes enceintes.

Enfin, un second appel à projets transdisciplinaires à été lancée dans le cadre de « Priorités tabac » afin de dynamiser et décloisonner la recherche. Entre 2016 et 2017, 18 projets de recherche ont été financés pour 9 millions d’euros.

En 2017, l’Institut pose les bases d’un dispositif de dépistage du cancer du col de l’utérus qui sera généralisé en 2018. L’ambition de ce programme de dépistage est de réduire l’incidence de ce cancer (3 000 cas par an) et le nombre de décès (1 100 par an) de 30 % en 10 ans. Le cahier des charges élaboré par l’Institut, en collaboration avec la Direction générale de la santé prévoit, outre l’examen de dépistage pour l’ensemble des femmes de 25 à 65 ans tous les 3 ans, un suivi systématique des femmes dont le test est positif.

Par ailleurs, l’information sur la vaccination anti-HPV est renforcée auprès de 36 500 professionnels de santé et de 17 sociétés savantes à l’occasion de la semaine européenne de la vaccination. En effet, seules 19,1 % des jeunes filles de 16 ans présentent un schéma vaccinal complet ; un taux de couverture qui reste faible avec de larges disparités territoriales.

LE PARCOURS DES PATIENTS ET L’ORGANISATION DE L’OFFRE DE SOINS FONT L’OBJET D’UNE PROGRESSION CONTINUE POUR S’ADAPTER AUX SAVOIRS COMME AUX PRATIQUES

DES PARCOURS DE SOINS SPÉCIFIQUES POUR LES ADOLESCENTS ET LES JEUNES ADULTES ATTEINTS DE CANCERS

Une nouvelle organisation des soins se déploient pour mieux répondre aux besoins spécifiques des adolescents et des jeunes adultes. Les recommandations de la Direction générale de la santé et de l’Institut s’appuient sur des expérimentations menées par huit équipes entre 2011 et 2015. Dans chaque région, les Agences régionales de santé soutiennent désormais la mise en place d’une organisation adaptée aux besoins des 15 à 24 ans avec une offre de soins de proximité coordonnée. D’autre part, afin de poursuivre l’amélioration des aménagements permettant aux jeunes patients de poursuivre leur éducation, l’Institut a signé avec le Centre d’enseignement à distance (CNED) une convention de scolarité partagée pour rendre possible la double inscription, école et CNED, un des moyens pour l’élève de maintenir les liens avec ses enseignants et ses pairs et de faciliter son retour en classe.

Enfin, un premier essai clinique dédié aux cancers pédiatriques, AcSé-eSMART, a été lancé. Cet essai est promu par l’Institut Gustave Roussy et financé par l’Institut national du cancer, l’association Imagine For Margo et la Fondation Arc pour la recherche sur le cancer. Il vise à accélérer l’accès à un traitement ciblé pour les enfants et les adolescents en échec thérapeutique. Son objectif est de doubler, en deux ans, le nombre de nouveaux médicaments proposés aux patients pédiatriques. En 2017, cet essai a concerné 70 enfants traités dans 20 pathologies cancéreuses différents.

LES RECOMMANDATIONS ET LES OUTILS DE BONNES PRATIQUES, À DESTINATION DES PROFESSIONNELS DE SANTÉ, SONT DIVERSIFIÉES ET SIMPLIFIÉES

L’Institut national du cancer déploie sa production d’outils pour la pratique afin de mettre à la disposition des professionnels de santé des informations en phase avec l’évolution des données scientifiques validées. L’enjeu étant de diffuser plus largement et plus rapidement les principales situations cliniques. Un travail sur les formats des référentiels et des recommandations est également engagé au profit de versions plus synthétiques.

Aussi, 16 fiches sur les effets indésirables des thérapies orales ont été élaborées et mise à la disposition des professionnels de santé, les recommandations sur le mélanome de stade III inopérable ou de stade IV métastatique, sur les femmes porteuses d’une mutation BRCA1 ou BRCA2 et présentant un risque accru de cancer du sein et de l’ovaire et sur la conduite à tenir en cas de cytologique cervico-utérine anormale ont été actualisées.

L’INSTITUT DÉVELOPPE UNE VISION D’AVENIR SUR LES NOUVEAUX TRAITEMENTS ET LEURS FINANCEMENTS

L’Institut s’efforce de rendre l’information sur les nouveaux traitements anticancéreux la plus accessible et la plus explicite possible. En juin 2017, il publie un rapport sur la chimiothérapie orale qui relativise son essor au regard de probables innovations de rupture dont certaines sont injectables telles que les immunothérapies spécifiques de types anti-PD1 et anti-PDL1.

Ces nouveaux traitements posent la question de leur impact financier sur les dépenses publiques. Soucieux d’évaluer la soutenabilité financière de ces nouvelles stratégies de lutte contre les cancers, l’Institut publie en juin 2017 sur l’évolution de l’innovation du médicament. Aujourd’hui, 89 molécules sont susceptibles de recevoir, dans les deux prochaines années, soit une autorisation de mise sur le marché soit une extension de leur indication.

PERSPECTIVES ET PLAN D’ACTIONS

Si les avancées sont significatives dans les différents champs de la cancérologie, il reste beaucoup à faire pour stimuler les progrès thérapeutiques, les évaluer et les rendre accessibles à tous. Il s’agit plus particulièrement des cancers du pancréas, des poumons ou encore de certains cancers pédiatriques qui restent de mauvais pronostics.

Par ailleurs, l’Institut favorisera la diffusion des connaissances et des bonnes pratiques par la population générale, les patients, les professionnels de santé et les chercheurs.

Il poursuivra l’information en matière de prévention et de dépistage notamment au travers de ses campagnes nationales ; campagnes « Savoir c’est pouvoir agir » visant à transmettre l’information de référence à ses publics pour qu’ils s’en saisissent et agissent en toute connaissance de cause.

REPÈRES BUDGÉTAIRES

Sur les 88,5 millions d’euros de dépenses en 2017, 68 %, soit 60,2 millions d’euros, relèvent de l’intervention et bénéficient directement aux acteurs de lutte contre le cancer sous forme de subventions. Plus de 48 millions d’euros sont dédiés à la recherche (fondamentale et intégrée, translationnelle et clinique, sciences humaines et sociales, épidémiologique et en santé publique). Les dépenses de fonctionnement représentent 16 % du budget total ; elles sont de 15 % pour les dépenses de personnels.


Pour télécharger le rapport d’activité 2017 de l’INCa :

(pdf – 872 Ko)


Source : INCa

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