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Pour cerner les attentes des Agences régionales de santé (ARS) en matière d’informations épidémiologiques sur le cancer, Santé publique France a réalisé une enquête en 2015 qui a révélé leur besoin d’information pour principalement sept cancers, les plus fréquents, les dépistables et ceux qui peuvent être prévenus (sein, prostate, côlon-rectum, poumon, col de l’utérus, lèvre-bouche-pharynx, mélanome de la peau). Ce résultat, associé au contexte des Projets régionaux de santé 2018-2022 des ARS, a incité le partenariat Francim-HCL-SpFrance-INCa à proposer pour la première fois en France, des profils régionaux présentant l’incidence et la mortalité des cancers dans chaque région et département.

Synthèse du rapport

Faits marquants

  • 54021 nouveaux cas de cancer estimés par an (toutes localisations confondues) dont 52% chez l’homme
  • Les 3 cancers les plus fréquents, responsables chaque année d’un peu plus de la moitié des nouveaux cas sont : prostate, poumon et côlon-rectum chez l’homme, sein, côlon-rectum et poumon chez la femme
    21536 décès par cancer estimés par an dont 56% chez l’homme
  • Une situation régionale favorable chez les hommes et comparable chez les femmes (toutes localisations confondues) par rapport à la France métropolitaine
    Des disparités selon les localisations cancéreuses :

    • Sur-incidence et sur-mortalité importante du cancer du poumon chez la femme (+12% et +13 %)
    • Sur-incidence et sur-mortalité du cancer du sein (+6% et +4 %)
    • Sur-incidence des cancers du pancréas et de l’estomac dans les deux sexes, associée à une mortalité inférieure (chez l’homme) ou comparable (femme)
    • Sous-incidence chez l’homme de certains cancers liés à la consommation d’alcool ou de tabac (poumon, lèvre-bouche-pharynx, vessie)
  • Des disparités départementales :
    • A Paris :
      • Sur-incidence et sur-mortalité importante du cancer du poumon chez la femme (+32% et +25 %)
      • Sur-incidence importante du cancer du sein (+15 %)
    • En Seine-Saint-Denis :
      • Sur-incidence importante du cancer de l’estomac (+20% chez l’homme et +32% chez la femme)
      • Sur-incidence importante du cancer du foie chez l’homme (+21 %)
      • Sur-incidence et sur-mortalité du cancer du poumon chez l’homme (+7% et +5 %)

Situation régionale

Chez les hommes, les trois localisations cancéreuses les plus fréquentes sont les cancers de la prostate (7232 nouveaux cas en moyenne par an sur la période 2007-2016 et 1140 décès en moyenne par an sur la période 2007-2014), du poumon (4124 cas et 3064 décès) et du côlon-rectum (3089 cas et 1122 décès). Ces trois localisations cancéreuses représentent plus de la moitié des cas de cancers incidents chez les hommes d’Île-de-France, et près de 45% des décès par cancer sur la période.

Les hommes d’Île-de-France se situent favorablement en termes d’incidence et de mortalité pour les localisations cancéreuses étudiées par rapport à la moyenne nationale. Les cancers associés au tabagisme ou à la consommation d’alcool sont moins fréquents chez les hommes franciliens que chez les hommes des autres régions de France métropolitaine. En particulier l’incidence est plus faible pour le cancer du poumon (-6 %), de la sphère lèvre-bouche-pharynx (-15 %) et de la vessie (-10 %). La région francilienne fait aussi partie des deux seules régions métropolitaines en sous-incidence pour le cancer du testicule (-13 %). Les cancers restent cependant une pathologie fréquente et létale chez les hommes d’Île-de-France, responsables de 11985 décès par an sur la période 2007-2014.

Chez les femmes, le cancer le plus fréquent et responsable du plus grand nombre de décès est le cancer du sein (9440 nouveaux cas en moyenne par an sur la période 2007-2016 et 1862 décès en moyenne par an sur la période 2007-2014). Le cancer colorectal est le deuxième en incidence (2845 cas) suivi du cancer du poumon (1972 cas). Le cancer du poumon est la deuxième cause de décès par cancer (1337 décès) suivi du cancer colorectal (1110 décès).

Contrairement aux hommes, les Franciliennes connaissent une situation comparable à celles de la France métropolitaine en termes d’incidence et de mortalité par cancer. Néanmoins les cancers du sein et du poumon y sont plus fréquents que dans les autres régions de métropole (excès d’incidence de +6% et +12% respectivement). La mortalité associée à ces cancers est également supérieure en Île-de-France par rapport à la moyenne nationale (+4% et +13% respectivement).

Tous sexes confondus, les Franciliens présentent une sur-incidence des cancers du pancréas et de l’estomac (excès d’incidence de +6% chez les hommes et +7% chez les femmes pour le pancréas ;de +8% chez les hommes et +11% chez les femmes pour l’estomac), mais sans sur-mortalité associée.

Spécificités départementales

La situation régionale masque une certaine hétérogénéité entre les départements.

Toutes localisations confondues, la mortalité par cancer est plus faible chez les hommes résidant à Paris, dans les Yvelines et dans les Hauts-de-Seine que dans les autres départements d’Île-de-France alors qu’elle est légèrement plus élevée chez les femmes de Seine-et-Marne et du Val-d’Oise.

En Seine-Saint-Denis, la situation est plus défavorable que dans les autres départements franciliens avec une incidence présentant un excès important pour le cancer de l’estomac dans les deux sexes par rapport à la moyenne nationale (+20% chez les hommes, +32% chez les femmes). Or la prévalence de l’infection Helicobacter pylori, principal facteur de risque de ce cancer, varie au sein d’un même pays en fonction du statut socio-économique des individus, et d’un pays à l’autre en fonction du niveau de développement. Dans ce contexte, la sur-incidence de la Seine-Saint-Denis peut être rapprochée de la situation socio-économiquement défavorable des habitants du département qui connait le taux de pauvreté le plus élevé de métropole. L’incidence du cancer du foie est également en excès important en Seine-Saint-Denis par rapport à la France métropolitaine (+21% chez les hommes, estimations non disponibles chez les femmes). L’incidence du cancer du poumon chez les hommes est également supérieure au niveau national (+7 %) et s’accompagne d’une sur-mortalité (+5 %).

Paris est le département de France métropolitaine présentant l’incidence la plus élevée du cancer du sein ; les Parisiennes présentent ainsi une incidence en excès de 15% par rapport à la moyenne nationale. Cet excès d’incidence peut être lié à un meilleur accès aux soins et au dépistage dans la capitale, dont le taux de couverture était estimé à 70% en 2008 malgré une faible participation au dépistage organisé, ainsi qu’aux caractéristiques socio-professionnelles de ses habitantes favorisant la survenue de cancer du sein : surreprésentation des diplômées du supérieur (58% des femmes à Paris vs 29% en France), report de l’âge au premier enfant (33 ans à Paris vs 30 en France en 2012).

Les Parisiennes présentent également une sur-incidence (+32 %) et une sur-mortalité importantes† par cancer du poumon (+25 %). Cet excès élevé d’incidence peut être mis en relation avec la dynamique passée de diffusion de la consommation de tabac chez les Françaises. La consommation de tabac ayant été plus importante chez les femmes diplômées du supérieur parmi les générations nées dans les années 40 et 50 [6] et avec une persistance du tabagisme chez les femmes de cette même génération observée jusqu’en 2014.

Cette sur-incidence des cancers du poumon chez les Franciliennes concerne aussi à un moindre degré les habitantes des Hauts-de-Seine (+15 %), des Yvelines (+10 %) et du Val de Marne (+10 %).

Pour consulter le rapport complet et voir les fiches par localisation, nous vous invitons à le télécharger :

(pdf – 5.67 Mo)


Source : Santé publique France

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