Mise à jour : mars 2017

Les avancées thérapeutiques ont significativement amélioré les pronostics vitaux des patients mais certains traitements du cancer peuvent induire une baisse de la fertilité, voire une stérilité. Il peut donc être envisagé, selon les cas, une prise en charge spécifique de « préservation de la fertilité » pour les patients atteints de cancer. La Loi du 6 Août 2004 relative à la bioéthique (loi n°2004-800) prévoit que toute personne, homme ou femme, exposée à une prise en charge qui risque d’altérer sa fonction de reproduction peut bénéficier d’une préservation de ses gamètes et de ses tissus germinaux. Le Plan Cancer 2014-2019 prévoit également de systématiser l’information auprès des patients et de faciliter l’accès aux plateformes de préservation de la fertilité.

Différentes techniques de préservation permettent de prélever des gamètes ou des tissus germinaux qui seront conservés et utilisés après le traitement anti-cancéreux dans le cadre d’une Assistance Médicale à la Procréation (AMP). Il n’est toutefois pas possible de garantir un succès de l’utilisation ultérieure de ces cellules et tissus prélevés mais cela permet de donner des chances aux patients qui le souhaitent de mener à bien un projet parental après la maladie.

Ces techniques de préservation ne peuvent être mises en oeuvre que dans des centres autorisés à la préservation de la fertilité.


La préservation de la fertilité chez la femme

La conservation d’ovocytes

  • Pour les patientes pubères, célibataires ou en couple, avec ou sans enfants.
  • Après une stimulation hormonale des ovaires, les ovocytes sont prélevés avant le début de tout traitement pouvant avoir des conséquences sur la fertilité. Ils sont ensuite congelés et stockés dans de l’azote liquide.

La conservation d’embryons

  • Pour les patientes vivant en couple avec ou sans enfants.
  • Après une stimulation hormonale des ovaires, les ovocytes sont prélevés avant le début de tout traitement pouvant avoir des conséquences sur la fertilité. Ils sont alors mis en fécondation avec les spermatozoïdes du conjoint pour obtenir des embryons qui sont ensuite congelés et stockés dans de l’azote liquide.
  • Les embryons ne seront utilisés ultérieurement que si le couple existe toujours.

La conservation de tissus ovariens

  • Pour toutes les patientes. C’est la seule technique accessible aux patientes non pubères.
  • Lors d’un geste chirurgical (par cœlioscopie le plus souvent), un ovaire partiel ou entier est prélevé. Il est alors disséqué en fragments afin de ne stocker que la corticale ovarienne, l’enveloppe externe qui contient les futurs ovocytes. Ces fragments sont congelés et stockés dans de l’azote liquide.
  • Cette technique a pour avantage de pouvoir être proposée à une patiente ayant déjà reçu un traitement anticancéreux mais offre des résultats, en taux de grossesse, très inférieurs aux deux autres techniques.

La préservation de la fertilité chez l’homme

L’autoconservation de spermatozoïdes

  • Pour les patients pubères jusque 60 ans.
  • Le recueil du sperme se fait avant le début de tout traitement. Les spermatozoïdes sont congelés en paillettes et stockés dans de l’azote liquide. Ils peuvent alors être conservés très longtemps sans que leur pouvoir fécondant ne soit altéré.

La conservation de tissus testiculaires

  • Pour les patients non pubères.
  • Cette technique qui consiste à prélever et conserver du tissu testiculaire est encore expérimentale et n’a pas encore permis à ce jour d’obtenir de grossesse dans l’espèce humaine. Des recherche sont actuellement en cours.

 

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