Retour sur les premières Rencontres européennes de l’Institut national du cancer

Premières rencontres européennes de l'INCa.

A l’occasion de la journée mondiale du cancer, l’Institut national du cancer a organisé, les 3 et 4 février, les premières rencontres européennes qui avaient pour objectif d’enrichir le plan cancer européen avec des mesures concrètes.

Faire du cancer une priorité pour l’Europe de la santé

Un an après la présentation de la stratégie décennale française et du lancement du plan cancer européen, l’Institut national du cancer (INCa) a également profité de la présidence française du Conseil de l’UE pour remettre le sujet au cœur du débat.

Pour ce faire, l’INCa a fait appel à cent cinquante experts des États membres qui se sont penchés sur 5 thématiques : cancers de mauvais pronostics, coopération internationale, prévention, cancers pédiatriques et cancer et emploi, dont voici les mesures phares :

Mettre en place un appel à projets européen « High risk- High gain » 

Reprenant un axe de la stratégie décennale de l’INCa, un appel à projets européen « High risk-High gain » a été retenu.  Ces projets permettent d’accélérer la découverte de nouvelles connaissances scientifiques par une plus grande prise de risque dans la recherche, afin d’aboutir à des innovations révolutionnaires.

« Créer un mécanisme international de coordination contre le cancer »

Une des mesures majeures proposée par les experts est la création de l’équivalent d’un G10 qui « permettrait aux pays les plus avancés de se coordonner sur les sujets les plus complexes dans la lutte contre le cancer ».

Réduire l’inégalité des traitements des enfants et des jeunes

Afin de « garantir le droit des enfants et des jeunes à accéder aux essais cliniques », l’objectif est ici de renforcer le réseau européen de référence sur le cancer pédiatrique (ERN PaedCan) et de faciliter tout particulièrement l’accès aux essais cliniques transfrontaliers.

Imaginer une coalition d’acteurs européens

Concernant la prévention du cancer, les experts ont tranché en faveur d’une coalition d’acteurs européens pour « promouvoir, intervenir et informer sur la prévention ». Selon eux, il est également important de revoir les stratégies de communication à destination des populations et de formation des professionnels.

Modifier le délai du « droit à l’oubli » …

Inscrite dans leurs propositions, la mise en place d’un cadre juridique favorable pour faciliter le retour au travail et développer le droit à l’oubli résonne tout particulièrement avec l’actualité parlementaire nationale.  

… une actualité législative française. 

En effet, le 3 février dernier le Parlement a adopté une proposition de loi sur l’assurance comprenant deux mesures pour les patients atteints de cancer : la réduction de dix à cinq ans pour le « droit à l’oubli » et la suppression du questionnaire santé pour toutes les personnes qui voudraient emprunter jusqu’à 200.000 euros, lors de l’acquisition d’un bien immobilier.

Rappelons qu’en France une personne qui souscrit un contrat d’assurance emprunteur doit encore déclarer son cancer dix ans après la fin de ses traitements, ce qui entraîne souvent de lourdes surprimes, voire un refus de prêt.

Ce texte devrait être successivement voté à l’Assemblée nationale le 10 février et au Sénat le 17 février, pour une publication des décrets avant mai.



Voici l’intégralité des quinze actions majeures identifiées par les experts

Cancers de mauvais pronostic :

• mettre en place un appel à projets européen high risk high gain et des programmes de recherche clinique, avec un agenda de recherche translationnelle important ;

• fournir un cadre et des outils pour permettre l’engagement des professionnels de la santé et des chercheurs à partager leurs données en amont des projets ;

• augmenter la qualité et la rapidité des soins, pour le patient en tant qu’individu et pour la population de patients dans son ensemble.

Coopération internationale :

• créer un mécanisme international de coordination contre le cancer ;

• s’appuyer sur la coopération de l’Ema et de la FDA* sur les cancers pédiatriques, pour l’étendre à d’autres régions et traitements contre le cancer ;

• créer un mécanisme de fonds mondial contre le cancer.

Prévention :

• créer une coalition d’acteurs européens pour promouvoir, intervenir et informer sur la prévention du cancer ;

• promouvoir un environnement favorable à la santé et éviter les expositions à risque ;

• repenser les stratégies de communication à destination des populations et de formation des professionnels.

Cancers pédiatriques :

• établir de nouvelles modalités de coordination et de suivi des actions dédiées ;

• garantir le droit des enfants et des jeunes à accéder aux essais cliniques, en renforçant le réseau européen de référence Paedcan et faciliter l’accès aux essais cliniques transfrontaliers ;

• renforcer le partage des données au profit de la recherche et du suivi à long terme des patients.

Cancer et emploi :

• mettre en place un cadre juridique favorable pour faciliter le retour au travail et développer le droit à l’oubli ;

• développer une structure d’interaction, des outils et des services pour guider les personnes atteintes de cancer dans le processus de retour au travail ;

• développer la recherche sur le retour à l’emploi des personnes atteintes de cancer en menant un programme européen de recherche.


Pour en savoir plus : téléchargez la déclaration politique commune