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Hop’EN : la DGOS publie les guides des prérequis et des indicateurs prioritaires

Dans le cadre de la stratégie de transformation du système de santé “Ma santé 2022” et de son volet numérique, la DGOS a lancé début 2019 le programme HOP’EN qui constitue la nouvelle feuille de route nationale des systèmes d’information hospitaliers à 5 ans. Il a comme ambition d’amener – d’ici 2022 – les établissements de santé à un palier de maturité de leur système d’information, nécessaire pour répondre aux nouveaux enjeux de décloisonnement du système de santé et de rapprochement avec les patients.

Mi-juin, une boite à outils avait été publiée pour atteindre les prérequis au programme.

Fin juillet, deux nouveaux guides méthodologiques ont été mis à disposition par la DGOS :

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Recensement des RCP franciliennes

Dans le cadre de ses différentes missions en lien avec l’ARS, ONCORIF souhaite recenser l’ensemble des RCP existantes en Île-de-France au sein de chaque structure membre d’un 3C pour cartographier les RCP franciliennes (en vue de la mise en place du DCC).

A cet effet, le réseau vient d’envoyer un outil de recensement à tous les 3C franciliens.

A minima, certaines données doivent être renvoyées, pour le 22 août, à savoir :

  • Nombre de types de RCP au sein de chaque établissement en précisant leurs thématiques (ex. 4 RCP dans l’établissement X, Sénologie, Digestive, Urologie, Thoracique ; 1 dans l’établissement Y, Sénologie) ;
  • Pour chaque RCP existante dans l’établissement, le nombre de réunions réalisées au cours de l’année 2018 et le nombre de fiches RCP générées ;
  • Le coordonnateur de la RCP et sa planification.

Si toutefois, un document existant mentionne déjà ces informations, cela peut remplacer l’outil de recensement.

Pour toute question, n’hésitez pas à utiliser notre formulaire de contact !

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Sport sur ordonnance : 28 qualifications pour dispenser une activité sportive adaptée publiées au JO

Le Journal officiel du 23 juillet vient de publier la liste des 28 certificats de qualification professionnelle nécessaire pour pouvoir dispenser une activité physique adaptée prescrite par le médecin traitant. Parmi ceux-ci : escalade, roller, aviron, rugby, tir à l’arc, téléski nautique, tennis de table, football américain, savate, arts martiaux, basketball, canoë-kayak, badminton, pétanque, athlétisme, voile, squash, tennis, gymnastique…

Rappelons que l’activité sportive adaptée fait partie des soins oncologiques de support.


Source : Journal officiel

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Une nouvelle fiche repères sur les perturbateurs endocriniens

L’Institut national du cancer actualise sa collection des fiches repères en publiant un numéro consacrée aux substances perturbatrices du système endocrinien.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) définit les perturbateurs endocriniens comme « des substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle étrangères à l’organisme qui peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien et induire ainsi des effets néfastes sur cet organisme ou sur ses descendants ». Plusieurs d’entre elles sont présentes dans notre environnement quotidien.

D’une molécule à l’autre, les niveaux de preuve quant à leur impact sur la santé sont aujourd’hui variables. Néanmoins, certaines ont un effet cancérigène avéré ou suspecté pour l’homme et peuvent être responsables de l’apparition de certains cancers hormono-dépendants (sein, utérus, prostate, testicules).

On note également, selon les substances, des possibilités d’altérations des fonctions reproductives, un abaissement de l’âge de la puberté, une perturbation du fonctionnement de la thyroïde, du développement du système nerveux et du développement cognitif, ou encore des troubles métaboliques (diabète de type 2 et obésité).

Depuis 2014, la France a mis en place une stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens visant à réduire l’exposition de la population et de l’environnement à ces substances. Cette stratégie fait de la France un pays pionnier à l’échelle européenne sur cette thématique.

Pour télécharger la fiche :

(pdf – 535 Ko)


Source : INCa

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Cancers rares de l’adulte : 15 réseaux nationaux labellisés

En novembre dernier, l’Institut national du cancer a lancé un appel à candidatures visant à labelliser les réseaux nationaux de référence pour cancers rares de l’adulte et l’organisation de la double lecture pour les cancers de l’enfant. A l’issue de l’évaluation conduite par un comité international d’experts, 15 réseaux ont obtenu ce label.

Comme lors de la précédente labellisation, l’appel à candidatures avait pour objectif de reconnaître l’excellence des organisations spécifiques pour les patients atteints de cancers rares. Douze réseaux nationaux de référence et trois réseaux monocentriques sont ainsi labellisés pour une durée de cinq ans (soit jusqu’en juillet 2024).

LES 15 RÉSEAUX NATIONAUX LABELLISÉS EN 2019 :

  • Le réseau NETSARC+ (Sarcomes)
  • Le réseau RENOCLIP-LOC (Cancers rares du système nerveux central)
  • Le réseau LYMPHOPATH (Relecture anatomopathologique des lymphomes)
  • Le réseau TMRO-TMRG (Tumeurs malignes rares de l’ovaire et autres gynécologiques)
  • Le réseau CARADERM (Cancers cutanés rares)
  • Le réseau RYTHMIC (Thymomes et carcinomes thymiques)
  • Le réseau RENAPE (Tumeurs rares du péritoine)
  • Le réseau GFELC (Lymphomes cutanés)
  • Le réseau CELAC (Lymphomes associés à la maladie cœliaque)
  • Le réseau PREDIR (Maladie de Von Hippel-Lindau et autres prédispositions héréditaires au cancer du rein)
  • Le réseau K-VIROGREF ( Cancers viro-induits après transplantation)
  • Le réseau REFCOR (Cancers ORL rares)
  • Le réseau monocentrique TTG (Tumeurs trophoblastiques gestationnelles), se limitant au centre de référence localisé aux Hospices civils de Lyon
  • Le réseau monocentrique MELACHONAT (Mélanomes choroïdiens) se limitant au centre de référence localisé à l’Institut Curie
  • Le réseau monocentrique CANCERVIH (Cancers chez les sujets VIH+) se limitant au centre de référence bi-site : Hôpital Pitié-Salpêtrière AP-HP et CHU Marseille AP-HM

LES RÉSEAUX NATIONAUX DE RÉFÉRENCE : GARANTIR UNE PRISE EN SOINS OPTIMALE POUR LES CANCERS RARES

En France, on entend par cancers rares :

  • D’une part, les cancers dont l’incidence annuelle est inférieure à 6/100 000 personnes,
  • D’autre part, les cancers nécessitant une prise en charge hautement spécialisée, du fait de leur siège particulier (mélanome de l’uvée, tumeurs du péritoine), de leur survenue sur un terrain spécifique (cancers vir-induits après transplantation), ou de leur grande complexité (sarcomes, tumeurs rares malignes du cerveau).

Depuis 2009, l’Institut national du cancer a structuré l’organisation des soins pour les cancers rares par la mise en place de réseaux nationaux de référence financés par la DGOS. Chaque réseau est organisé autour d’un centre de référence et de plusieurs centres de compétence régionaux ou interrégionaux, ou bien en un réseau monocentrique, incluant un centre de référence et de compétence national. Tout patient atteint d’un cancer rare est ainsi assuré de bénéficier d’un diagnostic de certitude, par l’accès à une relecture des prélèvements de sa tumeur, et d’un traitement approprié, par la discussion systématique de son cas par des experts de ce cancer rare, et ce, quel que soit son lieu de traitement.


Source : INCa

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rapport d’activité de l’INCa 2018 : une année porteuse d’espoirs

L’Institut national du cancer publie son rapport annuel 2018 et présente l’ensemble des actions menées en faveur de la lutte contre le cancer et les avancées dans le domaine de la cancérologie.

Intitulé « Une année porteuse d’espoirs », ce rapport d’activité souligne les avancées majeures dans la lutte contre les cancers et les résultats obtenus. Il le fait sans omettre de pointer les domaines pour lesquels la détermination de l’Institut et la mobilisation de l’ensemble des acteurs œuvrant dans la lutte contre les cancers, demeurent indispensables.

L’Institut national du cancer, dans son rapport d’activité 2018, illustre les points clés de son action dans l’ensemble des dimensions de la cancérologie : la prévention, le dépistage, l’épidémiologie, la qualité et sécurité des soins et des traitements, la continuité et la qualité de vie, l’innovation thérapeutique et la médecine de précision, le soutien et la structuration de la recherche, l’information des publics, les partenariats et les actions internationales, la structuration et le pilotage.

Cette édition est enrichie de contenus variés accessibles en réalité augmentée : témoignages de l’ensemble des parties prenantes, intervention d’experts, productions de l’Institut pour les professionnels de santé et le grand public.

Pour télécharger le rapport d’activité :

(pdf – 2.68Mo)


Source : INCa

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Formation AJA

Comme l’a souligné le dernier Plan cancer, une prise en charge spécifique des AJA est indispensable avec une approche médicale centrée sur la pathologie, mais aussi plus globale, pluridisciplinaire, adaptée aux particularités de cette tranche d’âge, en prenant en compte les modifications et maturations physiologiques, physiques, affectives et psycho-sociales, caractéristiques de cette étape de la vie.

C’est dans ce cadre que les 3 dispositifs AJA franciliens organisent tous les ans, avec le soutien d’ONCORIF, une formation ouverte à tous les professionnels concernés par cette prise en charge (inscription gratuite mais obligatoire).

La prochaine session aura lieu les 14 et 15 octobre à Gustave Roussy cancer campus.

Inscrivez-vous dès à présent !

Le programme :

(pdf – 881 Ko)

En attendant, n’oubliez pas notre page spécifique aux AJA.

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Dépistage du cancer du col de l’utérus : la Haute Autorité de Santé recommande le test HPV chez les femmes de plus de 30 ans

En actualisant ses recommandations de 2010 sur le dépistage du cancer du col de l’utérus, la HAS propose aux pouvoirs publics une stratégie nationale de dépistage incluant le test HPV. Ce test est recommandé en première intention chez les femmes de plus de 30 ans – chez lesquelles il s’avère plus efficace que l’examen cytologique.

L’infection aux papillomavirus humain (HPV) est une infection sexuellement transmissible très fréquente puisqu’environ 80% des personnes (hommes et femmes confondus) seront infectées au cours de leur vie. La plupart de ces infections disparaissent spontanément, mais chez une petite proportion de femmes, le papillomavirus persiste. S’il s’agit d’un HPV dit « à haut risque », il peut évoluer en cancer. On dénombre en France plus de 3000 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus et plus de 1000 décès par an.
La HAS a émis en 2010 des recommandations sur la prévention et le dépistage du cancer du col de l’utérus. Mais le taux de dépistage – d’environ 60% – reste insuffisant. Elle publie aujourd’hui une actualisation de ces recommandations , avec notamment pour objectif le positionnement du test HPV dans la stratégie de dépistage. À la différence de l’examen cytologique, qui s’intéresse à la morphologie des cellules, le test HPV cherche la présence d’ADN du virus HPV à haut risque chez les femmes.

La HAS maintient sa recommandation d’un dépistage chez toutes les femmes de 25 à 65 ans qu’elles soient vaccinées ou non, mais en fait évoluer les modalités pour les femmes de plus de 30 ans. Chez ces dernières, le test HPV remplace l’examen cytologique en première intention.

Un test plus efficace pour les femmes de plus de 30 ans

La HAS recommande l’utilisation du test HPV en première intention lors du dépistage du cancer du col de l’utérus à partir de 30 ans. Comme l’examen cytologique, il est réalisé à partir d’un prélèvement cervico-utérin. Chez les femmes de plus de 30 ans, il s’avère nettement plus efficace pour réduire l’incidence du cancer du col de l’utérus. De plus, en cas de test négatif, le recours au test HPV permet d’allonger l’intervalle entre deux dépistages – passant de tous les 3 ans à tous les 5 ans après 30 ans.
En revanche, avant 30 ans, il n’est pas recommandé car les infections à HPV transitoires sont très fréquentes chez les femmes jeunes. Leur détection exposerait de fait à des traitements inappropriés, augmentant ainsi les risques de complications lors de grossesses ultérieures.
Le test HPV présente un autre avantage : il peut aussi se faire à partir d’un auto-prélèvement vaginal. Les femmes pourraient avoir accès à des kits pour réaliser elles-mêmes le prélèvement. La HAS recommande cette modalité pour les femmes de plus de 30 ans qui ne se font pas dépister régulièrement ou qui sont éloignées du système de soins. Des expérimentations d’utilisation de ces tests d’auto-prélèvement devront être menées en population générale afin d’en évaluer l’acceptabilité, l’efficacité et l’efficience dans le contexte français.

Des conditions au bon déploiement du dépistage par test HPV

La HAS a identifié des conditions au déploiement de ses recommandations afin de garantir la qualité du dépistage du cancer du col de l’utérus et le libre choix éclairé des femmes concernées. Elle recommande ainsi la mise en place d’un système d’assurance-qualité, s’appuyant notamment sur une accréditation des laboratoires de biologie médicale. Elle recommande également que des actions de communication et d’information soient menées auprès des professionnels de santé et des femmes concernées par le dépistage du cancer du col de l’utérus. Leur objectif sera de les accompagner au mieux dans l’évolution des modalités de dépistage et plus largement de continuer de les informer sur l’infection à HPV (mode de transmission, évolution dans le temps et potentielles conséquences…).
À cela devra s’ajouter une évolution de la codification de l’acte de dépistage et une prise en charge intégrale par l’assurance maladie, sans avance de frais, pour la réalisation du test HPV tous les 5 ans chez les femmes de 30 à 65 ans.

Évaluation de la recherche des HPV

Cette recommandation de tests de dépistage sur les femmes à partir de 30 ans s’appuie sur un rapport établi par l’HAS “Évaluation de la recherche des papillomavirus humains (HPV) en dépistage primaire des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus et de la place du double immuno-marquage p16/Ki67”. Pour en savoir plus sur cette étude, c’est par ici.

Pour télécharger la synthèse et les recommandations :

(pdf – 1,2 Mo)


Source : HAS

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Quels regards les Français portent-ils sur les risques de cancer liés à la nutrition ?

L’INCa et Santé publique France viennent de mettre à disposition le “Baromètre cancer 2015. Nutrition et cancer”. Ce document décrit la perception des français sur le rôle joue l’alimentation dans l’apparition du cancer. Et si 90,8% des personnes interrogées pensent que ce rôle est important, c’est en région parisienne (avec le nord du pays) que la perception de ce lien est la plus faible avec 88,5%.

Voici la communication de l’INCa

90,8% des Français pensent que l’alimentation joue un rôle important dans l’apparition du cancer. La consommation de charcuteries apparaît pour une majorité d’entre eux comme un facteur de risque ; tout comme le surpoids et l’obésité. Autant de perceptions mises au jour par la publication du nouveau baromètre cancer réalisé pour l’Institut national du cancer et Santé publique France.

Le baromètre cancer INCa/SPF est la seule étude répétée permettant d’appréhender la perception de la population générale sur la prise en charge des cancers, leurs facteurs de risques, les moyens de prévention et de dépistage, ainsi que leurs évolutions dans le temps. L’un des axes de ce baromètre porte sur la perception des risques de cancers liés à la nutrition. Celle-ci est définie par l’Organisation mondiale de la santé comme intégrant l’alimentation et l’activité physique.

Conduit précédemment en 2005 et 2010, le baromètre cancer 2015 est l’une des actions du Plan cancer 2014-2019. Cette nouvelle édition a été menée auprès de quelque 4 000 personnes de 15 à 85 ans.

Principaux résultats

Près de 91% des personnes interrogées estiment que l’alimentation joue un rôle important dans l’apparition des cancers. Cette conception est d’autant plus importante que le niveau de diplôme ou le niveau de revenu augmente. Les risques et les bénéfices de certains aliments ne sont toutefois pas toujours perçus de façon nette : seules 42,6 % des personnes interrogées considèrent la consommation de viande rouge comme un facteur de risque lié au cancer, tandis que 54,6 % reconnaissent le caractère cancérigène du sel ou des aliments salés. De même les bénéfices de la consommation de fruits et de légumes n’est que modérément perçus comme un bénéfice par les enquêtés (58,1 %).

Les différences de perceptions sont parfois sensibles d’une catégorie de personnes à l’autre. Ainsi, si une large majorité des participants à l’étude (75,5 %) sait qu’être en surpoids ou en obésité comporte un risque de développer un cancer, ce risque est moins connu des personnes les plus concernées. Ces disparités sont aussi sensibles sur le caractère protecteur de la pratique de l’activité physique : ce sont majoritairement les personnes jeunes (15-24 ans) qui en relèvent les bénéfices. Toutefois, au total 70 % des interrogés y voient une manière de diminuer le risque de cancer.

Les perceptions de la population française sur la nutrition ont évolué dans le temps : ainsi, les avis sur le risque ou le caractère protecteur de la nutrition s’affichent comme plus tranchés en 2015 qu’ils ne l’étaient en 2010. Si le facteur protecteur de l’allaitement est encore peu connu (seules 34 % des femmes en ont conscience), ses bénéfices sont néanmoins mieux perçus que 5 ans auparavant.


Source : INCa

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Incidence et mortalité des cancers en France métropolitaine entre 1990 et 2018 : de nouveaux indicateurs qui renforcent la connaissance des typologies de cancers

L’INCa vient de publier un rapport sur l’incidence de mortalité en France de 1990 à 2018. Ce rapport exhaustif se décompose en une synthèse (téléchargeable en bas de page), de deux rapports complets (un sur les tumeurs solides et un autre sur les hémopathies malignes) accompagnés chacun par des compléments. L’ensemble des documents est téléchargeable sur le site de l’INCa

Voici le communiqué de presse de l’INCa :

Pour la première fois, 74 types et sous-types de cancers et des tendances par âge ont été étudiés.

Le rapport « Estimations nationales de l’incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine entre 1990 et 2018 » offre une finesse d’interprétation venant renforcer considérablement la connaissance épidémiologique de ces pathologies. Fruit du partenariat entre Santé publique France, l’Institut national du cancer, le réseau des registres des cancers Francim et le service de Biostatistique-Bioinformatique des Hospices Civils de Lyon, il est actualisé tous les 5 ans et représente une étape essentielle dans la surveillance et l’observation épidémiologiques des cancers. Les informations de cette nouvelle édition contribuent à apprécier les actions préventives et curatives recommandées par les Plans cancer et constituent un point d’appui pour l’élaboration de la future stratégie décennale de lutte contre la maladie

SOUS-TYPES DE CANCERS ET TENDANCES PAR ÂGE : DE NOUVEAUX INDICATEURS POUR UNE SURVEILLANCE ÉPIDÉMIOLOGIQUE RENOUVELÉE

Les estimations présentées dans ce rapport résultent d’une révision majeure de la méthodologie pour estimer l’incidence nationale. Elle s’appuie désormais sur les seules données des registres et utilise des modèles statistiques plus performants. Cette méthodologie permet ainsi d’estimer, pour la première fois, l’incidence pour 74 localisations de cancers contre 34 auparavant ; soit 27 tumeurs solides et 22 sous-types, 24 entités d’hémopathies malignes et comprend une entité « tous cancers ». Elle permet également de restituer des tendances selon l’âge. La mortalité est disponible pour 19 tumeurs solides, les lymphomes malins non hodgkiniens dans leur ensemble et l’entité « tous cancers ».
Ces éléments contribuent à approfondir considérablement les connaissances sur un très grand nombre de cancers aux causes, pronostics et thérapeutiques différents.

Dans le cas du cancer du poumon, l’observation, pour la première fois par sous-types apporte un éclairage important. En effet, si l’incidence de ce cancer est plutôt stable chez l’homme (-0,1 % par an sur la période 1990-2018), les données impliquent des évolutions différentes par sous-types. L’incidence des adénocarcinomes progresse (+3,9 % par an), tandis que celles des carcinomes épidermoïdes et des cancers à petites cellules diminuent (-2,9 % par an et -0,9 % par an). Ces tendances différentes pourraient s’expliquer par la modification de la structure (introduction des filtres, responsables d’une inhalation plus profonde) et de la composition des cigarettes (augmentation de la concentration en nitrosamines).

Cette nouvelle méthodologie permet d’obtenir pour la première fois des estimations sur les différentes localisations imputables à l’infection par le papillomavirus humain (HPV) – le cancer du col de l’utérus, le cancer rare de l’anus et dans une moindre mesure, de l’oropharynx – et par tranche d’âge. Ainsi, si le cancer du col de l’utérus est globalement en baisse (-1,8 % par an), l’analyse par tranches d’âge montre à l’inverse un ralentissement de cette baisse, voire une augmentation de l’incidence de ce cancer chez les femmes de 50 et 60 ans depuis 2010. Cela pourrait s’expliquer par des comportements sexuels plus à risque favorisant la prévalence de l’infection persistante par HPV pour ces générations. Les évolutions de ces comportements sexuels expliquent probablement aussi l’augmentation importante du cancer de l’anus – cancer en majorité imputable au HPV – observée chez les femmes de 40 à 70 ans et plus marquée depuis 2005. Ce cancer est aussi en augmentation chez l’homme. Cette finesse des données va permettre de renforcer et de mieux cibler les actions de prévention.

PRINCIPAUX RÉSULTATS TOUS CANCERS : L’ÉCART ENTRE LES HOMMES ET LES FEMMES SE RÉDUIT, DÉFAVORABLEMENT POUR CES DERNIÈRES

En 2018, on estime à 382 000, le nombre de nouveaux cas de cancers (54 % chez l’homme, 46 % chez la femme) et à 157 400, le nombre de décès par cancer (57 % chez l’homme, 43 % chez la femme).

L’incidence tous cancers confondus est stable chez l’homme (+0,1 % par an) alors qu’elle s’accroît chez la femme (+1,1 % par an) reflétant une augmentation du risque de cancer. L’incidence (+5,3 % par an) et la mortalité (+3,5 % par an) du cancer du poumon enregistre la plus forte progression chez la femme : une progression liée à l’augmentation du tabagisme.

La mortalité tous cancers confondus baisse, de manière plus prononcée chez l’homme (-1,8 % par an) que chez la femme (-0,8 % par an).

Principaux enseignements sur les tumeurs solides

Des cancers parmi les plus fréquents qui progressent, en partie du fait de facteurs de risques évitables, avec une mortalité en augmentation ou stable.

Si certains cancers, très fortement liés à l’alcool et au tabac, présentent chez l’homme les plus fortes variations à la baisse d’incidence et de mortalité (lèvre-bouche-pharynx, larynx, œsophage), un certain nombre de cancers voient leur incidence augmenter, avec une mortalité qui augmente elle aussi ou qui reste stable. Les consommations excessives d’alcool et de tabac, ainsi que la modification des comportements alimentaires et la prévalence croissante de l’obésité ou de l’hypertension artérielle, pourraient contribuer à expliquer certaines de ces hausses :

  • l’augmentation de l’incidence du cancer du poumon chez la femme (+5,3% par an) et de la mortalité (+3,5 %) ;
  • l’augmentation de l’incidence du cancer du pancréas (+2,7 % par an chez l’homme et +3,8 % chez la femme) et la hausse de la mortalité chez la femme (+1,2 % par an) ;
  • l’augmentation de l’incidence du cancer du foie (+1,6 % par an chez l’homme et +3,5 % chez la femme) ;
  • l’augmentation de l’incidence du cancer du rein (+1,4 % par an chez la femme et +1,7 % chez l’homme) avec une tendance récente à l’augmentation de la mortalité chez ce dernier.

Le risque solaire et UV reste également important. Le mélanome cutané, lié aux expositions aux rayonnements ultraviolets (UV) naturels et artificiels, augmente de façon plus marquée chez l’homme (+4,0 % par an) que chez la femme (+2,7 %) depuis 1990, aboutissant pour la première fois en 2018, à une incidence identique chez l’homme et chez la femme, avec dans le même temps une stagnation de la mortalité.

La progression de ces cancers plaide en faveur d’un renforcement de la prévention. Toutefois, de nombreux facteurs de risque ne sont pas encore identifiés, d’où la nécessité des recherches étiologiques.

Des diagnostics plus précoces et des avancées thérapeutiques qui favorisent une baisse de la mortalité, notamment parmi les cancers les plus fréquents

Les modifications des pratiques médicales, la mise en place de dépistages organisés, la précocité des diagnostics ou encore les progrès thérapeutiques pourraient être à l’origine d’évolutions favorables de la mortalité pour certaines localisations de cancer dont :

  • le cancer du sein, avec une mortalité en constante diminution depuis 1990 (-1,3 % par an) alors que son incidence augmente entre 2010-2018 (+0,6 % par an) ;
  • le cancer colorectal, avec un recul conjoint de la mortalité (-1,6 % par an) et de l’incidence (-0,6 % par an) chez les hommes et de la mortalité (-1,6 % par an) seule chez les femmes ;
  • le cancer de la prostate, avec une baisse de la mortalité (-3,7 % par an entre 2010 et 2015) et également de l’incidence (-3,5 % par an entre 2010 et 2015) ;
  • le cancer du col de l’utérus, avec une baisse de la mortalité (-2,1 % par an) et également de l’incidence (-1,8 % par an) qui toutefois n’est pas homogène dans le temps et est plus faible chez les femmes de 50 et 60 ans.

Une augmentation des hémopathies malignes dont les causes restent à explorer

En 2018, le nombre de nouveaux cas d’hémopathies malignes est estimé à 45 000(environ 12 % des cancers diagnostiqués).
Leur incidence varie considérablement selon les sous-types. Cinq entités totalisent plus de 50 % des cas annuels : le myélome multiple/plasmocytome (5 240 cas par an), le lymphome diffus à grandes cellules B (5 070 cas), les syndromes myélodysplasiques (4 740 cas), la leucémie lymphoïde chronique/lymphome lymphocytique (4 670 cas) et la leucémie aiguë myéloïde (3 428 cas).

L’incidence des hémopathies malignes est en augmentation dans les deux sexes(exceptée pour 3 sous-types qui stagnent et 4 autres qui diminuent. Les modifications démographiques ou les changements de classification, ne suffisent pas à expliquer cette augmentation, ce qui laisse une large place pour la recherche étiologique sur ces maladies et les interactions entre facteurs environnementaux et génétiques.

Pour télécharger la synthèse :

(pdf – 966 Ko)


Source : INCa