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Cancer du col de l’utérus : un nouvel outil d’aide à la pratique pour les professionnels de santé

Parce que les professionnels de santé jouent un rôle fondamental pour informer et sensibiliser les femmes sur l’importance du dépistage du cancer du col de l’utérus, l’INCa a développé un dispositif interactif pour les accompagner au mieux dans leur pratique.

Le programme national de dépistage organisé du cancer du col de l’utérus est mis en œuvre depuis 2018. Sauf cas particuliers, il concerne toutes les femmes de 25 à 65 ans. Sa mise en œuvre répond à plusieurs objectifs :

  • réduire le nombre de nouveaux cas de cancer détectés chaque année et le nombre de décès,
  • atteindre 80% des femmes concernées,
  • réduire les inégalités d’accès au dépistage.

Démarche complémentaire à la vaccination contre les HPV, le dépistage régulier permet en effet de détecter et de traiter les lésions précancéreuses avant qu’elles n’évoluent. Et pourtant malgré l’efficacité du dépistage, le cancer du col de l’utérus est l’un des seuls dont le pronostic se dégrade, avec 3 000 nouveaux cas détectés au stade invasif et 1 100 décès par an.

Pour favoriser la participation des femmes, les professionnels de santé en charge du suivi gynécologique occupent un rôle clé : gynécologues, médecins généralistes et sages-femmes sont invités à expliquer à leurs patientes les enjeux de ce dépistage.

Pour les accompagner dans leur pratique, l’Institut a développé un nouvel outil interactif permettant de visualiser les étapes de leur intervention lors de ce dépistage. Cet espace digital offre un accès direct aux référentiels et documents d’information pour le grand public. Les professionnels de santé y retrouveront également des chiffres clés sur ce cancer, les profils des femmes concernées et de celles pour lesquelles une autre modalité est recommandée, les tests possibles, etc.

Ce dispositif vient compléter les outils mis à disposition sur le site internet de l’Institut.


Source : INCa

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Enrayer la dégradation du pronostic du cancer du col de l’utérus : le rôle essentiel des professionnels de premier recours

À l’occasion de la semaine européenne de prévention et de dépistage du cancer du col de l’utérus, du 24 au 30 janvier, l’Institut national du cancer rappelle le rôle fondamental des professionnels de santé en charge du suivi gynécologique des femmes dans la prévention et le dépistage de ce cancer. Gynécologues, médecins généralistes et sages-femmes sont invités à expliquer le dépistage à leurs patientes afin qu’elles y prennent part.
Avec 3 000 nouveaux cas de cancers du col de l’utérus invasifs détectés et 1 100 décès chaque année, ce cancer est l’un des seuls dont le pronostic se dégrade. Malgré un dépistage efficace, permettant la détection de lésions précancéreuses, celui-ci reste encore trop peu pratiqué : 40 % des femmes concernées ne se font pas ou pas assez régulièrement dépister.
Après une campagne volontairement interpellante, menée en septembre 2019 dans la presse médicale, l’Institut national du cancer s’adresse à nouveau aux professionnels de premiers recours. Ces derniers peuvent favoriser la participation des femmes à ce dépistage et ainsi participer à enrayer la dégradation du pronostic de ce cancer.

L’ABSENCE DE DÉPISTAGE : UN RISQUE DE DIAGNOSTIC TARDIF DU CANCER DU COL DE L’UTÉRUS

Chaque année, 35 000 lésions précancéreuses et 3 000 cancers invasifs du col de l’utérus sont détectés. Ces lésions et cancers sont provoqués par les papillomavirus humains, une infection virale sexuellement transmissible très répandue.

Avec 1 100 décès par an, ce cancer est l’un des seuls cancers dont le pronostic se dégrade ; son taux de survie à 5 ans est passé de 68 % (période 1989/1993) à 62 % (période 2005/2010).

Affiche de campagne presse médicale 2019

Campagne presse médicale 2019

Le dépistage, qui s’adresse aux femmes asymptomatiques de 25 à 65 ans, consiste en un prélèvement cytologique à réaliser tous les 3 ans après deux prélèvements normaux à un an d’intervalle. Il permet :

  • de détecter des lésions des infections transformantes;
  • de limiter le surdiagnostic et le surtraitement et leurs conséquences obstétricales;
  • d’alléger le suivi des femmes les moins à risque;
  • d’identifier celles présentant un risque aggravé.

Courant 2020, le programme de dépistage évoluera pour offrir un dispositif encore plus efficace. Au vu de la performance des examens cytologiques actuellement recommandés, il est essentiel que les professionnels de santé considèrent la participation des femmes de 25 à 65 ans pour améliorer le pronostic de ce cancer.

Ainsi, le dialogue que chaque professionnel de santé initiera avec sa patiente favorisera une meilleure compréhension de ses enjeux et la participation à ce programme. En participant régulièrement au dépistage, chaque femme diminuera son risque de développer un cancer du col de l’utérus. L’objectif du programme national est d’augmenter le taux de couverture de 20 points pour atteindre les 80 % et de réduire de 30 % l’incidence et la mortalité par cancer du col de l’utérus à 10 ans.

FAVORISER LA PARTICIPATION AU DÉPISTAGE POUR ENRAYER LA DÉGRADATION DU PRONOSTIC

La proposition de réalisation d’un dépistage du cancer du col de l’utérus par les médecins et professionnels de santé assurant le suivi gynécologique de la femme constitue le principal mode d’entrée dans le dépistage.
La discussion plus systématique de ce dépistage, avec chaque patiente concernée, est un facteur favorisant la participation à ce programme. Après avoir recueilli son consentement, le professionnel de santé peut lui proposer de réaliser l’examen ou le lui prescrire.

Pour accompagner les professionnels de santé dans le dialogue avec leurs patientes et dans leur pratique, l’Institut propose sur son site les réponses aux questions les plus fréquentes posées par les femmes sur ce dépistage et les principaux freins pouvant expliquer la non réalisation de l’examen. Il propose également un document d’information accessible gratuitement à la commande et une fiche d’aide à la pratique qui résument les principales étapes de ce dépistage. Enfin, un espace d’information regroupant l’ensemble des référentiels du programme est proposé.

Dès début février, l’Institut national du cancer proposera, sur son site, un dispositif interactif permettant à chaque professionnel de visualiser les étapes de son intervention dans ce dépistage.

GARANTIR UN ACCÈS ÉLARGI AU DÉPISTAGE ET UN MEILLEUR SUIVI DES FEMMES PRÉSENTANT UNE CYTOLOGIE ANORMALE

Grâce à la diversification des lieux de prélèvement et des effecteurs (l’examen peut être réalisé par un gynécologue, un médecin généraliste, une sage-femme, et sur prescription par un médecin biologiste exerçant en laboratoire de biologie médicale et par les anatomo-cytopathologistes), l’ensemble des femmes de 25 à 65 ans accède plus facilement à un examen de dépistage. Par ailleurs, la prise en charge de l’examen à 100 % (sans avance de frais) par les régimes d’assurance maladie pour les femmes n’ayant pas réalisé d’examen au cours des trois dernières années vise à favoriser la participation au programme national de dépistage.
Ces deux dispositions ont pour objectif de rapprocher les femmes les plus vulnérables et celles les plus éloignées du système de santé de la prévention et du dépistage.

Enfin, le recueil des données permet un meilleur suivi des femmes dont le résultat cytologique est anormal. Le centre de coordination régional des cancers procède à un suivi régulier et exhaustif de ces femmes et s’assure notamment, auprès du prescripteur, des modalités d’examen mises en œuvre en fonction du résultat cytologique.

Ce recueil des données est possible dès lors que la patiente ne s’y est pas opposée.

Affichette sur le dépistage du cancer du col de l'utérus - avec mention CNIL (octobre 2018)

Pour l’informer, deux modalités complémentaires sont prévues :
– une information par le professionnel de santé dans le cadre de l’échange avec sa patiente ;
– une information par voie d’affichage dans le cabinet médical. Dans ce cadre, et comme prévu dans le cahier des charges du programme, une affichette à disposer dans le cabinet, est disponible gracieusement à la commande. Celle-ci intègre la mention CNIL.

En cas d’opposition, celle-ci devra être mentionnée sur la feuille de demande d’examen accompagnant le prélèvement. L’analyse de ces données contribuera à l’amélioration des pratiques, au suivi et à l’évaluation de la qualité du programme national.
Pour accompagner les professionnels de santé dans le suivi de leurs patientes, chacun d’entre eux peut s’adresser au centre régional de coordination des dépistages des cancers.

LES CHIFFRES CLÉS DU CANCER DU COL DE L’UTÉRUS EN FRANCE PAR AN

Chiffres clés CCU nouveaux cas de cancer et cytologie

50 % d’entre elles avaient moins de 39 ans.

Chiffres clés CCU age moyen au décès

51 ans est l’âge moyen lors du diagnostic.

LE POINT SUR

– Le test HPV dans le dépistage du cancer du col de l’utérus : en juillet 2019, la Haute autorité de santé a proposé aux pouvoirs publics d’inclure le test HPV dans le programme national de dépistage du cancer du col de l’utérus. Ce test est recommandé en première intention chez les femmes de plus de 30 ans, chez lesquelles il s’avère plus efficace que l’examen cytologique. Sa mise en place devrait être effective courant 2020. Le prélèvement cytologique reste l’examen de référence pour les femmes de 25 à 29 ans.

– La vaccination anti-HPV dans la prévention du cancer du col de l’utérus : la démarche de dépistage est complémentaire d’une stratégie de prévention via la vaccination contre les HPV, proposée aux jeunes filles à partir de 11 ans. En décembre 2019, la Haute Autorité de Santé a recommandé d’étendre cette vaccination aux jeunes garçons dès 11 ans. Sa mise en œuvre devrait être effective au second semestre 2020.


Source : INCa

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Vaccination et dépistage contre le cancer du col de l’utérus : quelle situation en France ?

Alors qu’on dénombrerait près de 3 000 nouveaux cas de cancers du col utérin et plus de 1 100 décès attribuables à cette pathologie dans l’Hexagone en 2018, Santé publique France, en collaboration avec l’Institut national du cancer, dresse un état des lieux des moyens de prévention efficaces et sûrs contre cette maladie dans un numéro de son Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). Parmi ces résultats une modélisation de l’Institut national du cancer met en évidence qu’en combinant la réduction des inégalités sociales liées à la vaccination et le passage d’une couverture vaccinale de 17 à 85%, ce sont 377 cancers du col de l’utérus et 139 décès supplémentaires qui seraient évités par cohorte de jeunes filles (personnes nées la même année).

Si le nombre de cas et de décès engendrés par ce cancer diminue depuis plusieurs années, cette tendance à la baisse connaît un ralentissement. Ce phénomène s’expliquerait par l’augmentation de l’exposition aux papillomavirus humains cancérigènes.

De nombreuses femmes relativement jeunes développent un cancer du col utérin : en 2016, près de 50 % des femmes traitées pour des lésions précancéreuses avaient moins de 40 ans. Or ces traitements peuvent entraîner un sur-risque pour les grossesses futures (accouchement prématuré, petit poids de naissance, mortalité périnatale et complications néonatales sévères). Pour l’année 2018, 40% des cas de cancers étaient diagnostiqués chez les femmes de moins de 50 ans.

Et pourtant, il existe deux armes pour la prévention de cette pathologie : la vaccination contre les papillomavirus humains et le dépistage. Des moyens d’agir efficaces et sûrs qui ont poussé l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à déclarer l’élimination de ce cancer priorité de santé publique.

Outre, le cancer du col de l’utérus, qui représente la moitié des cancers dus à ces virus, l’infection par les HPV, est à l’origine également de cancers de l’anus, du pharynx, du larynx, de la cavité orale, de la vulve, du vagin et du pénis et de verrues anogénitales (bénignes mais fréquentes). De fait, près d’un tiers des cancers liés aux HPV touche les hommes.

LA FRANCE, L’UN DES PAYS EUROPÉENS OÙ LES ADOLESCENTES SONT LE MOINS VACCINÉES

Or les études publiées dans le BEH mettent en évidence la trop faible couverture vaccinale française, pointée comme l’une des plus basses d’Europe. Cette vaccination inscrite au calendrier vaccinal depuis 2007 est actuellement recommandée chez les jeunes filles dès 11 ans et pour les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes. Bien qu’en augmentation depuis 2016, le nombre d’adolescentes vaccinées reste très insuffisant : 24 % d’entre elles ont effectué le schéma complet en 2018.

Plusieurs freins expliquent ces mauvais résultats, notamment la crainte d’effets secondaires graves non avérés mais ayant été largement médiatisés et la non proposition systématique de cette vaccination par le médecin.

La disparité de la vaccination est aussi le reflet des inégalités socio-économiques : les femmes non vaccinées appartiennent majoritairement aux catégories sociales modestes.

Une modélisation réalisée par l’Institut national du cancer estime que l’atteinte d’une couverture vaccinale à 85% des jeunes filles en associant une correction des inégalités de vaccination, permettrait d’éviter pour une cohorte de filles : 2 546 conisations (intervention chirurgicale consistant à retirer une portion du col utérin en cas d’anomies détectées), 2 347 lésions précancéreuses, 377 cancers du col de l’utérus et 139 décès liés au cancer du col.

Les différentes études publiées dans le BEH s’accordent sur l’importance d’une meilleure communication pour améliorer l’acceptation de ce vaccin et la couverture vaccinale, ainsi que sur la nécessité de réfléchir à des politiques de santé publique permettant de réduire ces inégalités.

UN DÉPISTAGE EN FORTE BAISSE CHEZ LES FEMMES DE PLUS DE 50 ANS

Complémentaire à la vaccination, le dépistage du cancer du col de l’utérus fait l’objet d’un programme organisé déployé depuis l’automne 2018 en France. Son objectif : réduire les inégalités d’accès à ce dépistage et diminuer de 30% le nombre de cas (incidence) et la mortalité à 10 ans.

En effet, jusqu’en 2017, 40% des femmes âgées de 25-65 ans ne se faisaient pas dépister régulièrement (tous les 3 ans). Entre 2015 et 2017, moins de 60 % des femmes de cet âge ont effectué un dépistage. Plus encore, bien que le risque de développer un cancer du col utérin soit plus élevé après 50 ans, beaucoup d’entre elles n’ont pas recours au dépistage (seules 44,2% des femmes de 60 à 65 ans effectuent cette action).

Ces inégalités selon l’âge se cumulent avec des disparités géographiques et socio-économiques. Les femmes bénéficiaires de la CMU-C participent ainsi bien moins au dépistage.

Pour télécharger le BEH (pdf – 5,53 Mo)

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Vaccination contre les HPV et dépistage régulier : la combinaison gagnante pour vaincre le cancer du col de l’utérus

L’INCa, en lien avec le ministère des Solidarités et de la Santé, mène une campagne de sensibilisation à destination des professionnels de santé sur les modalités de prévention du cancer du col de l’utérus. Chaque année, 3 000 nouveaux cas sont détectés et 1 100 femmes décèdent de la maladie. La vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) des jeunes filles dès 11 ans et le dépistage régulier des femmes de 25 à 65 ans sont deux armes complémentaires qui favorisent la réduction de l’incidence et de la mortalité de ce cancer.

En abordant le sujet avec les parents des jeunes filles et les femmes dès 25 ans, les professionnels de santé participent à la disparition du cancer du col de l’utérus. Leur rôle dans la prévention est donc essentiel et c’est à eux que s’adresse principalement l’INCa dans cette nouvelle campagne de sensibilisation.

Quelques chiffres

  • 6 300 cancers attribuables aux HPV dont :
    • 44 % de cancers du col de l’utérus ;
    • 24 % de cancers de l’anus ;
    • 22 % de cancers de l’oropharynx.
  • 80 % des femmes seront exposées aux virus HPV oncogènes 16 et 18, dans la majorité des cas, l’infection s’élimine naturellement en 1 à 2 ans après la contamination. Dans 10 % des cas, cette infection persiste et peut entraîner des lésions précancéreuses au niveau des cellules du col de l’utérus qui pourront persister ou évoluer vers un cancer du col de l’utérus.
  • 3 000 nouveaux cas de cancers du col de l’utérus sont détectés ;
  • 1 100 femmes décèdent de ce cancer ;
  • 235 000 frottis anormaux sont enregistrés dont 35 000 lésions précancéreuses ou cancéreuses ;
  • 51 ans est l’âge médian au diagnostic ;
  • 62 % taux de survie à 5 ans ;
  • 64 ans est l’âge moyen de décès.

Vaccination et dépistage

  • une vaccination recommandée entre 11 et 14 ans (schéma vaccinal 2 doses) ;
  • en rattrapage jusqu’à 19 ans révolus (schéma vaccinal 3 doses) ;
  • jusqu’à 26 ans pour les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes ;
  • deux vaccins disponibles en France : une protection contre les infections par les HPV oncogènes 16 et 18, responsables de 70 % des cancers invasifs du col utérin et 50 % des lésions précancéreuses de haut grade ;
  • 17 millions de femmes sont concernées : les femmes asymptomatiques âgées de 25 à 65 ans inclus (y compris les femmes enceintes et les femmes ménopausées) ;
  • Ce dépistage repose sur la réalisation d’une cytologie cervico-utérine ;
  • Il est recommandé tous les 3 ans après deux prélèvements normaux réalisés à un an d’intervalle ;
  • Il permet de repérer des lésions précancéreuses et des cancers à un stade précoce afin de favoriser les chances de guérison et les traitements moins lourds.

Pour en savoir : INCa

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Dépistage du cancer du col de l’utérus : la Haute Autorité de Santé recommande le test HPV chez les femmes de plus de 30 ans

En actualisant ses recommandations de 2010 sur le dépistage du cancer du col de l’utérus, la HAS propose aux pouvoirs publics une stratégie nationale de dépistage incluant le test HPV. Ce test est recommandé en première intention chez les femmes de plus de 30 ans – chez lesquelles il s’avère plus efficace que l’examen cytologique.

L’infection aux papillomavirus humain (HPV) est une infection sexuellement transmissible très fréquente puisqu’environ 80% des personnes (hommes et femmes confondus) seront infectées au cours de leur vie. La plupart de ces infections disparaissent spontanément, mais chez une petite proportion de femmes, le papillomavirus persiste. S’il s’agit d’un HPV dit « à haut risque », il peut évoluer en cancer. On dénombre en France plus de 3000 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus et plus de 1000 décès par an.
La HAS a émis en 2010 des recommandations sur la prévention et le dépistage du cancer du col de l’utérus. Mais le taux de dépistage – d’environ 60% – reste insuffisant. Elle publie aujourd’hui une actualisation de ces recommandations , avec notamment pour objectif le positionnement du test HPV dans la stratégie de dépistage. À la différence de l’examen cytologique, qui s’intéresse à la morphologie des cellules, le test HPV cherche la présence d’ADN du virus HPV à haut risque chez les femmes.

La HAS maintient sa recommandation d’un dépistage chez toutes les femmes de 25 à 65 ans qu’elles soient vaccinées ou non, mais en fait évoluer les modalités pour les femmes de plus de 30 ans. Chez ces dernières, le test HPV remplace l’examen cytologique en première intention.

Un test plus efficace pour les femmes de plus de 30 ans

La HAS recommande l’utilisation du test HPV en première intention lors du dépistage du cancer du col de l’utérus à partir de 30 ans. Comme l’examen cytologique, il est réalisé à partir d’un prélèvement cervico-utérin. Chez les femmes de plus de 30 ans, il s’avère nettement plus efficace pour réduire l’incidence du cancer du col de l’utérus. De plus, en cas de test négatif, le recours au test HPV permet d’allonger l’intervalle entre deux dépistages – passant de tous les 3 ans à tous les 5 ans après 30 ans.
En revanche, avant 30 ans, il n’est pas recommandé car les infections à HPV transitoires sont très fréquentes chez les femmes jeunes. Leur détection exposerait de fait à des traitements inappropriés, augmentant ainsi les risques de complications lors de grossesses ultérieures.
Le test HPV présente un autre avantage : il peut aussi se faire à partir d’un auto-prélèvement vaginal. Les femmes pourraient avoir accès à des kits pour réaliser elles-mêmes le prélèvement. La HAS recommande cette modalité pour les femmes de plus de 30 ans qui ne se font pas dépister régulièrement ou qui sont éloignées du système de soins. Des expérimentations d’utilisation de ces tests d’auto-prélèvement devront être menées en population générale afin d’en évaluer l’acceptabilité, l’efficacité et l’efficience dans le contexte français.

Des conditions au bon déploiement du dépistage par test HPV

La HAS a identifié des conditions au déploiement de ses recommandations afin de garantir la qualité du dépistage du cancer du col de l’utérus et le libre choix éclairé des femmes concernées. Elle recommande ainsi la mise en place d’un système d’assurance-qualité, s’appuyant notamment sur une accréditation des laboratoires de biologie médicale. Elle recommande également que des actions de communication et d’information soient menées auprès des professionnels de santé et des femmes concernées par le dépistage du cancer du col de l’utérus. Leur objectif sera de les accompagner au mieux dans l’évolution des modalités de dépistage et plus largement de continuer de les informer sur l’infection à HPV (mode de transmission, évolution dans le temps et potentielles conséquences…).
À cela devra s’ajouter une évolution de la codification de l’acte de dépistage et une prise en charge intégrale par l’assurance maladie, sans avance de frais, pour la réalisation du test HPV tous les 5 ans chez les femmes de 30 à 65 ans.

Évaluation de la recherche des HPV

Cette recommandation de tests de dépistage sur les femmes à partir de 30 ans s’appuie sur un rapport établi par l’HAS “Évaluation de la recherche des papillomavirus humains (HPV) en dépistage primaire des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus et de la place du double immuno-marquage p16/Ki67”. Pour en savoir plus sur cette étude, c’est par ici.

Télécharger la synthèse et les recommandations
(pdf – 1,2 Mo)


Source : HAS

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Vaccination contre les infections à papillomavirus humains (HPV) : la mise au point de l’INCa et de Santé publique France

L’Institut National du Cancer et Santé Publique France constatent la circulation d’informations, rapportées dans certains articles de blogs et dans la presse, qui remettent en cause la vaccination contre les infections à papillomavirus humains (HPV) et souhaitent, dans ce contexte, apporter un éclairage sur les données disponibles 10 ans après la mise en place de cette vaccination dans plus de 70 pays.

Vous trouverez, ci-dessous, une synthèse du décryptage de ces informations :

1. Les données en vie réelle valident l’efficacité du vaccin

Les vaccins contre les HPV ont démontré leur efficacité en vie réelle et leur impact sur la prévalence des infections HPV et les lésions précancéreuses du col de l’utérus (Australie, Suède, Ecosse, Etats-Unis, Belgique, Allemagne, Nouvelle-Zélande, Danemark, Canada).

Il n’y a pas à ce jour de données montrant un remplacement des génotypes vaccinaux par des génotypes non vaccinaux suite à l’introduction des vaccins contre les infections à HPV.

2. Il est trop tôt pour observer l’efficacité des vaccins contre les infections à HPV sur l’incidence du cancer du col de l’utérus d’après les données des registres

L’impact de la vaccination sur les cancers du col de l’utérus ne peut commencer à être visible que plus de 10 ans après l’introduction des vaccins en raison du délai long entre l’infection par les HPV oncogènes et la survenue d’un cancer (le plus souvent entre 10 et 30 ans).

Les jeunes filles vaccinées à 12-13 ans en 2007 (tranche d’âge optimale pour la vaccination puisque les jeunes filles ont très peu de chances d’avoir été en contact avec le virus HPV) ont eu 19-20 ans en 2014. Les données d’incidence du cancer du col de l’utérus sont disponibles jusqu’en 2012 ou 2015 (via Global Cancer Observatory et Nordcan respectivement) et il est donc trop tôt pour observer un impact de la vaccination contre les HPV sur les cancers du col de l’utérus chez les 20-24 ans. L’impact sera visible lorsque les premières cohortes de jeunes filles vaccinées à la préadolescence atteindront l’âge de l’entrée dans le dépistage du cancer du col de l’utérus (i.e. entre 2020 et 2025 dans les pays ayant introduit la vaccination chez les adolescentes en 2007).

Les données d’incidence du cancer du col de l’utérus chez les femmes âgées de 25-29 ans en 2014 concernent, selon les pays, des femmes non vaccinées ou des femmes vaccinées « en rattrapage », soit après 14 ans, âge pour lequel l’efficacité attendue du vaccin est moindre en raison de la possibilité pour ces jeunes filles d’avoir déjà été en contact avec le virus HPV avant la vaccination.

3. Une augmentation de l’incidence des cancers du col de l’utérus chez les femmes âgées de 25 à 49 ans dans certains pays est observée mais sans rapport avec la vaccination contre les HPV

Dans certains pays, les données d’incidence montrent une augmentation de l’incidence du cancer du col de l’utérus chez les femmes âgées de 25 à 49 ans et ce dès le début des années 2000, c’est-à-dire antérieurement à l’introduction des vaccins HPV arrivés sur le marché à partir de 2006/2007. Ces femmes n’ont pas été concernées par la vaccination HPV.

Les raisons de ces évolutions sont à investiguer en fonction du contexte de chaque pays car les causes de l’évolution de l’incidence du cancer du col de l’utérus peuvent être multiples, par exemple : évolution du taux de participation et des modalités de dépistage du cancer du col de l’utérus, évolution des comportements sexuels (âge des premiers rapports sexuels, nombre de partenaires, type de pratique sexuelle) avec pour conséquence une augmentation de l’exposition aux HPV.

Pour des informations plus détaillées
(pdf – 242 Ko)


Source : INCa

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Dépistage organisé du cancer du col de l’utérus : l’INCa sensibilise

Troisième programme national de dépistage organisé, le dépistage du cancer du col de l’utérus s’adresse aux 17 millions de femmes asymptomatiques âgées de 25 à 65 ans. Ce cancer est l’un des seuls dont le pronostic se dégrade avec un taux de survie à 5 ans en diminution. L’objectif du programme national est d’augmenter le taux de couverture de 20 points pour atteindre les 80 % et de réduire de 30 % l’incidence et la mortalité par cancer du col de l’utérus à 10 ans.

Afin de rappeler l’importance d’un dépistage précoce, l’INCa vient de publier 2 communiqués de presse, le premier à destination du grand public et le second des professionnels de santé, avant une campagne de sensibilisation qui durera jusque fin mars dans les supports de presse professionnels.

Rappelons que sur la période 2015-2017, le taux de participation à ce dépistage était seulement de 60% et que les femmes de plus de 50 ans sont seulement 50% à se faire dépister. Dans le cadre de la généralisation du programme de prévention contre le cancer du col de l’utérus, les femmes n’ayant pas réalisé de test de dépistage au cours des 3 dernières années recevront par courrier une information et une invitation à consulter un professionnel de santé (gynécologue, généraliste ou sage-femme) pour réaliser l’examen avec une prise en charge à 100% de l’examen, sans avance de frais.


Source : INCa

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Dépistage des cancers : des fiches d’aide à la pratique pour les professionnels de santé

L’INCa vient de diffuser deux nouvelles fiches d’aide à la pratique destinées aux professionnels de santé :

  • La première “Dépistage des cancers : recommandations et conduites à tenir” propose une vision globale des dépistages des cancers recommandés et les conduites à tenir en fonction du niveau de risque des patients
  • La seconde “Dépistage et prévention du cancer du col de l’utérus : rôle du médecin et de la sage-femme” résume les points essentiels concernant le dépistage du cancer du col de l’utérus et sa prévention par la vaccination anti HPV

Pour télécharger ces fiches :

Dépistage et prévention du cancer du col de l’utérus : rôle du médecin et de la sage-femme (pdf – 1,83 Mo)

Dépistage des cancers : recommandations et conduites à tenir (pdf – 114 Ko)


Source : INCa

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Cancer du col de l’utérus : un dépliant et une affiche à disposition

L’INCa vient de mettre à disposition des outils pour sensibiliser le grand public à l’intérêt du dépistage du cancer du col de l’utérus à partir de 25 ans :

  • Un dépliant qui propose des informations clés sur le dépistage du cancer du col de l’utérus (pourquoi c’est important, à qui s’adresser, comment ça se passe, combien coûte l’examen…).
  • Une affiche

Ces outils peuvent être directement imprimés :

L’affiche
(pdf – 1,22 Mo)
Le dépliant
(pdf – 1,18 Mo)

Ils peuvent également être commandés en ligne par les professionnels de santé qui voudraient les mettre à disposition dans leur cabinet :

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Cancer du col de l’utérus : Le vaccin Gardasil 9 est disponible !

Mise à jour du 05 septembre 2018 :

Le Gardasil 9 est enfin disponible dans les pharmacies !


Article original du 17 octobre 2017 :

La HAS vient d’approuver le remboursement du Gardasil 9, le nouveau vaccin contre le papillomavirus humains (HPV). Comme nous vous l’expliquions dans un article précédent, cette nouvelle version offre une protection accrue contre ce type d’infection à l’origine d’un certain nombre de cancers du col de l’utérus.

Contrairement à d’autres pays européens, le taux de vaccination contre le HPV est au plus bas : seules 15% des filles sont vaccinées contre 86%, par exemple en Angleterre ou 71% en Italie (le plan cancer 2014-2019 fixait un objectif à 60%). En cause, une défiance vis-à-vis de ce vaccin et de ses potentiels effets indésirables. Allégations aujourd’hui démenties par de vastes études qui ont prouvé que ce vaccin était sans danger.

Aujourd’hui, même si cette nouvelle version du Gardasil va offrir une protection supplémentaire, l’enjeu se situe aujourd’hui clairement dans le renforcement de la couverture vaccinale et du recours au dépistage. La HAS recommande en particulier une information large et argumentée auprès des professionnels de santé et du public sur les maladies à HPV, les vaccins, leur efficacité et leurs effets indésirables. Elle recommande également le développement d’interventions facilitant la vaccination, notamment auprès des populations les moins favorisées au sein desquelles le recours à la vaccination et au dépistage est moins fréquent.


Sources : HASfranceinfo: